Pâques
L’enfant est devant un iris et un glaïeul Occupés à s’étendre Sous un ciel bleu-blanc tendre Eclairé par le feu lumineux de l’aïeul. Dans l’air danse un parfum de fête, Une douceur qui nous guette, C’est Pâques qui revient en chantant, Avec ses couleurs et ses printemps. L’étoile ancestrale a l’apanage de l’âge Et parle à l’univers Qui accepte, uni vers Son disque flamboyant de suivre son sillage. Un glaïeul, un iris ne sont pas oubliés Et pensent impossible De n’être pas la cible D’un rayon de feu qui les a hier dépliés. La jonquille confie à une primevère Son amour du printemps Venu en la teintant D’un jaune or ravissant que le lys blanc révère. Les lapins courent dans les jardins, Portant des secrets entre leurs mains : Des œufs cachés sous les buissons, Petits trésors en mission. Le cyclamen s’endort le magnolia s’éveille Et s’entend le coucou Chanter par petits coups Pendant que surveille un aigle une vraie merveille. Œufs en sucre, œufs en lumière, Œufs peints d’amour et de mystère, Et ceux, fondants, tout en chocolat, Que l’on savoure du bout des doigts. Le jardinier laisse un instant son potager Et s’en va vers la rose Que le garçon arrose Pour que grandisse sa beauté à partager. Les cloches, du haut du ciel, résonnent, Et dans les cœurs, la joie bourgeonne. On cherche, on rit, on partage, Dans ce doux matin sans nuage. La pâquerette et la mignonne violette Sont nées au champ, au bois Pendant qu’un moineau boit L’eau de la rivière en faisant une toilette. L’été attend derrière un précoce printemps Qui a mis dans son herbe Un pissenlit superbe Dont la fleur a plu à cet enfant de vingt ans. Que cette fête soit un sourire, Un instant simple à retenir, Où la magie, entre jeux et surprises, Dans chaque regard doucement se déguise.